Jimmy Carter, 30 ans après, il veut toujours légaliser le cannabis

21 06 2011

Vendredi dernier marquait l’anniversaire des 30 ans de la déclaration du président Reagan qui vouait une « guerre aux drogues ». A cette occasion le New York Times a publié un éditorial où son prédécesseur, Jimmy Carter, déclare son soutient pour les récentes recommandations demandant aux pays du monde entier d’implanter des « modèles de régulation juridique de la drogue… Conçu pour miner le pouvoir du crime organisé et protéger la sécurité de leurs citoyens ».

Dans cet éditorial, le président Carter a qualifié les recommandations de la Commission mondiale pour les politiques sur les drogues « courageuses et profondément importantes. »

Il raconte aussi la situation telle qu’elle était lors de sa présidence:

«Dans un message au Congrès en 1977, j’ai déclaré que le pays devrait décriminaliser la possession de moins d’une once de marijuana (28g), avec un programme complet de traitement pour les toxicomanes», Carter écrit. « J’ai aussi mis en garde contre le remplissage de nos prisons avec des jeunes qui étaient sans danger pour la société. »

Jimmy Carter, Ex Président et Prix Nobel de la Paix en 2002

Jimmy Carter, Ex Président et Prix Nobel de la Paix en 2002 supporte la légalisation

Comme il l’a souligné dans ce même édito, la population carcérale est passé de 500,000 Prisonniers sous sa présidence en 1981 à plus de 2 millions en 2009. De plus, j’ajouterai que bien que 12% de la population du pays soit Afro-américaine, ils représentent 48% de la population carcérale du pays et dans la ville de New York seule, 85% des arrestations concerne des membres de minorités ce qui prouve que la guerre au drogues n’est en fait qu’une guerre racial dans un pays tourmenté par son histoire qui a débordé sur la scène internationale.

Pour l’ancien président et prix Nobel de la paix  » Les sanctions contre la possession d’un produit stupéfiant ne doit pas être plus dommageable pour un individu que l’usage de la drogue elle-même « .

« Ces idées étaient largement acceptées à l’époque, » Carter écrit. « Mais dans les années 1980 le président Ronald Reagan et le Congrès ont commencé à dériver des politiques antidrogue équilibrée, y compris le traitement et la réinsertion des toxicomanes, vers de vains efforts pour contrôler les importations de drogue provenant de pays étrangers. »

« Un résultat a été une escalade terrible violence liée aux drogues, la corruption et les violations flagrantes des droits humains dans un nombre croissant de pays latino-américains», écrit Carter.

Cela ne s’est pas arrêté aux pays Sud-Américains; la guerre en Afghanistan est l’exemple type de l’ingérence Américaine dans les pays producteurs de drogues, tentant vainement de traiter le « problème » à sa source, ils ont mis en place un régime ou le président est lui-même  indirectement impliqué dans le trafic d’opium. Cette violence touche aussi certains pays africains qui sont désormais utilisé comme plaque tournante du trafic international commandité par les cartels sud américains pour atteindre les mégalopoles Européennes.

Car le problème de la drogue ce n’est pas les pays producteurs qui le créent, mais bel et bien la société occidentale poussée en permanence à la consommation dans un contexte ou l’addiction est un outil de marketing.

« Peut-être l’augmentation du fardeau fiscal sur les citoyens riches nécessaire de payer pour la guerre contre la drogue va contribuer à une réforme des politiques sur les drogues de l’Amérique», écrit Carter. «Au moins les recommandations de la Commission mondiale donneront une certaine couverture pour les dirigeants politiques qui veulent faire ce qui est juste. »

Une proposition de loi pour mettre fin à la prohibition du cannabis au niveau fédéral aux États-Unis doit être présentée ce jour au Congrès Américain. En espérant que cette proposition soit suivi de mesure effectives qui fasse évoluer une situation plus qu’intenable.

Source: Toke Of the Town (en Anglais)





Suisse: Vente de cannabis médical en pharmacie

22 02 2011

Fumer du cannabis récréatif reste interdit en Suisse. Pas question de dépénaliser, a répété le peuple en 2008. Par contre, la nouvelle Loi fédérale sur les stupéfiants, qui devrait entrer en vigueur d’ici le 1er Juillet, ouvre la porte à une utilisation médicale de produits à base de chanvre. Le point avec le Dr Claude Vaney, chef du Service de réadaptation neurologique de la Clinique Bernoise à Montana, et membre de la commission d’experts qui a préparé la loi a été interviewé par Martine Clerc du journal La Tribune De Genève. Il est l’auteur de la première étude en Suisse (2004) qui a permis de mettre en évidence l’effet du chanvre dans le traitement des symptômes de la sclérose en plaques.

Extrait de cet entretient du 21/02/2011

Que va changer la nouvelle Loi sur les stupéfiants?
En termes de chanvre médical, c’est la fin d’un tabou. Avec la nouvelle loi, il devrait être possible de prescrire du THC (tétrahydrocannabinol, le principal principe actif du cannabis) produit à base de cannabis en tant que plante, et non plus seulement du THC synthétique. Actuellement en Suisse, nous ne pouvons prescrire que la préparation nommée Dronabinol (dénomination commune internationale du THC) produit de synthèse à base de pelures d’orange…

Cette loi n’est-elle pas la porte ouverte à l’autorisation de la «fumette», sous couvert d’usage médical?
En aucun cas. La fumée est nocive et les médecins ne vont pas la favoriser. Par contre, la loi mettra les malades à l’abri du marché noir: ils ne devront plus aller se fournir chez des dealers qui proposent un chanvre avec un très fort taux de THC provoquant des effets psychotropes. Ils pourront aller dans une pharmacie avec une ordonnance et obtenir du cannabis élaboré dans des conditions médicales acceptables.

Dans les faits:

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Ce qui changera avec la nouvelle Loi sur les stupéfiants qui devrait entrer en vigueur au 1er juillet? On pourra demander à Swissmedic l’homologation de médicaments à base de chanvre autorisés aujourd’hui dans des pays de l’Union européenne. De nouvelles préparations pourraient aussi être fabriquées en Suisse. Une prescription médicale demeurera cependant obligatoire. Et pas question pour les malades de cultiver eux-mêmes leurs plants ou d’en acheter chez des cultivateurs. Ils devront passer par la case pharmacie.

Pour quel type de pathologie? Sclérose en plaques, certaines douleurs chroniques, surtout neurogènes, ou encore la perte de poids en cas de cancer. Actuellement, l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) autorise une cinquantaine de personnes à être traitées au THC synthétique, sur demande de leur médecin. Ce chiffre devrait augmenter, malgré des conditions qui resteront strictes.

Pour obtenir une autorisation, les médecins devront, entre autres, prouver que la diminution de la qualité de vie de leur patient est clairement liée à la maladie, que d’autres thérapies n’ont pas fonctionné et que le traitement visé est documenté dans la littérature médicale.

L’autorisation ne sera délivrée que pour six mois, renouvelable. Pour l’heure, les caisses n’ont pas l’obligation de rembourser ces traitements.

La Suisse s’ajoute donc a la liste constamment grandissante des pays qui approuve l’utilisation médical des fleurs de cannabis.

Sources: TDG ; AMGE ; 20Minutes





Bernard Rappaz cesse sa grève de la faim après 120 jours

27 12 2010

Bernard Rappaz a perdu. Après 120 jours de grève de la faim -il ne prenait que du sucre, du sel et des vitamines- le héraut suisse de la dépénalisation du cannabis, incarcéré pour avoir cultivé et vendu illégalement du chanvre, a recommencé à se nourrir.


Tous ses recours en Suisse pour être gracié ou pour obtenir une interruption de peine pour raison de santé ont échoué. La presse locale commençait à craindre qu’il ne tombe dans le coma.

Les détracteurs de Rappaz jubilent : « La fermeté paie ! C’est la leçon du jour et le Valais a bien fait de tenir bon », s’est félicité Jean-Luc Addor, chef du groupe UDC (droite nationaliste populiste) au parlement valaisan.

Pour justifier la décision de son client, Me Aba Neeman a expliqué qu’il s’était conformé à plusieurs appels :

« Rappaz respecte le jugement du président de la Cour européenne des droits de l’homme, qui lui demande de s’alimenter en attendant de pouvoir statuer sur son cas. Il a entendu l’appel, parce qu’il ne vient pas d’une autorité suisse. Il a aussi entendu les appels de sa fille et de ses proches. »

Pour sa part, Rappaz a publié un communiqué féroce : « La Suisse a désormais basculé dans l’extrême droite populiste et le fascisme. »

Valaisan de 54 ans, Bernard Rappaz cultivait du chanvre depuis 1971. En 1993, il a décidé de le vendre sous forme de tisane. Les autorités n’ont pas apprécié, et Rappaz a été poursuivi.

Au terme d’une longue bataille judiciaire et médiatique, il a été reconnu coupable par le tribunal cantonal valaisan de « lésions corporelles simples, gestion déloyale aggravée, blanchiment d’argent, violation grave des règles de la circulation routière, violation grave de la loi fédérale sur les stupéfiants et violation de diverses lois d’assurance sociale », pas moins. Condamné en 2008 à cinq ans et huit mois de réclusion, cet agriculteur bio valaisan, cultivateur de chanvre, réclamait la révision de son procès.

Dans un état critique après quatre mois de jeûne, «il a décidé de suivre l’injonction de la Cour européenne des droits de l’homme», expliquait son avocat. Le 20 décembre, le rejet par la Cour européenne d’une demande de libération avait épuisé toutes les voies de recours, un mois après le refus par les juges helvétiques d’une demande de grâce.

Depuis, le comité de soutien de Bernard Rappaz redoutait sa mort en prison. Ce dernier s’est dit «soulagé» de mettre fin à son action.

 

Sources: Rue89, Libé





Le cannabis medical en Suisse: Déjà une réalité?

12 08 2010

Le cannabis médical peut être utilisé sous de nombreuses formes

Les députés doivent travailler à partir de septembre sur un projet de loi sur les stupéfiants destiné à permettre l’homologation auprès des autorités suisses de médicaments à base de chanvre, a précisé une porte-parole de l’Office fédéral de la santé publique.

Avec une efficacité reconnue depuis une vingtaine d’années dans le traitement de la douleur, le cannabis est prescrit dans un but thérapeutique aux États-Unis et aux Pays-Bas. On l’utilise notamment pour soulager les patients atteints de sclérose en plaques, de cancer, de glaucome ou encore de troubles de l’appétit.

En Suisse, le produit est disponible dans une version édulcorée : son actif principal, le THC (tétrahydrocannabinol), se vend en pharmacie sous forme de comprimés. Mais le nouveau projet comporte notamment un volet visant à autoriser l’usage thérapeutique du cannabis sous forme de gouttes, de spray buccal ou de cachets. Aucune source ne permet d’affirmer si le cannabis sous sa forme la plus pure (ses fleurs) sera aussi disponible comme c’est le cas en Hollande.

Si elle est adoptée, la loi entrera en vigueur au premier semestre 2011. Les médicaments réalisés à base de chanvre seraient alors disponibles en pharmacies sur ordonnance.

Pourtant il ne serai pas non plus nécessaire d’attendre leurs conclusions.

En effet, la Loi fédérale sur les stupéfiants et les substances psychotropes (Loi sur les stupéfiants, LStup), indique clairement que les médecins peuvent prescrire des stupéfiants (donc le cannabis) :

Art. 9
Les médecins, les médecins-dentistes, les médecins-vétérinaires et les dirigeants responsables d’une pharmacie publique ou d’hôpital qui exercent leur profession sous leur propre responsabilité, en vertu d’une décision de l’autorité cantonale prise en conformité de la loi fédérale du 19 décembre 1877 concernant l’exercice des professions de médecin, de pharmacien et de vétérinaire dans la Confédération suisse, peuvent sans autorisation se procurer, détenir, utiliser et dispenser des stupéfiants dans les limites que justifie l’exercice, conforme aux prescriptions, de leur profession. Sont réservées les dispositions cantonales réglant la dispensation directe par les médecins et les médecins-vétérinaires.

Art. 10
Les médecins et les médecins-vétérinaires visés par l’art. 9 sont autorisés à prescrire des stupéfiants.

La modification de la LStup datant de mars 2008 (acceptée en votation le 30 Novembre 2008), ne change rien :

Art. 10, al. 1
Les médecins et les médecins-vétérinaires qui exercent leur profession sous leur propre responsabilité au sens de la loi du 23 juin 2006 sur les professions médicales sont autorisés à prescrire des stupéfiants.

Les articles 19 et 19a indiquent toujours la mention : Celui qui, sans droit ! Et ce droit est donné par le médecin avec l’article 10 !

Art. 19a

Celui qui, sans droit, aura consommé intentionnellement des stupéfiants ou celui qui aura commis une infraction à l’art. 19 pour assurer sa propre consommation est passible de l’amende.

On peut donc dire clairement que : En Suisse, Le Cannabis Médical : C’est Légal !!!

Mais ce n’est pas aussi simple que cela : Il vous faut un certificat médical de votre médecin qui explique la raison de sa prescription de cannabis médical pour votre santé. Et vous devrez vous battre pour avoir raison. La police ne respectant qu’une seule règle : le cannabis est interdit ! vous devrez passer devant le juge et affirmé votre position, vos convictions et surtout mettre en avant la loi qui vous protège ! Ce sera un peu dur, même difficile, mais vous serez très heureux quand le juge devras reconnaitre que selon la loi fédérale sur les stupéfiants : en suisse, Le Cannabis Médical : C’est Légal !!!

Ainsi la nouvelle loi sur les stupéfiants changerai le statu juridique du cannabis médical en le rendant légitime mais surtout la démarche serai bien plus accessible qu’a l’heure actuelle.

Vous trouverez davantage d’informations sur le cannabis médical en visitant le site de l’Association Internationale pour le Cannabis Médical (IACM) : http://www.acmed.org/, la rubrique : Le Chanvre et la Médecine sur le site de chanvre-info.ch ou en anglais le site d’encod.org sur les Cannabis Social Clubs.





Le dernier mot du prévenu: Légalisez le cannabis!

26 07 2010

Peut-être aurait-il du utiliser un véhicule plus discret?

Publié ce vendredi sur l’independant.fr:

Le 13 juin, à Villemoustaussou, un jeune était contrôlé avec de « l’herbe » dans sa voiture. Il a réclamé, hier, au tribunal, la « légalisation du cannabis« .

Curieuse défense que celle de ce jeune homme d’une trentaine d’années, cité à comparaître, hier matin, devant le tribunal correctionnel de Carcassonne, pour conduite sous l’emprise de cannabis et usage de produits stupéfiants. Tandis qu’il avait été contrôlé, le 13 juin dernier à Villemoustaussou, avec quatorze pieds de « beuh » dans sa voiture, et qu’il présentait des troubles liés à la consommation de drogue, l’intéressé a réclamé ni plus ni moins la « légalisation du cannabis. » Il est vrai qu’il était lui-même son propre avocat, et n’avait jusqu’ici jamais connu l’enceinte d’un palais de justice. Et donc les attentes des magistrats.

« Je suis un honnête citoyen »

« La loi prévoit que le dernier mot revienne au prévenu. Qu’avez-vous à dire pour votre défense ? », demandait la présidente du tribunal, Mme Martin de la Moutte. Réponse : « Je ne me considère pas comme un criminel, et pourtant j’ai été placé en garde à vue. Je ne fume que le soir. Or, j’ai été arrêté à 11 h du matin. Je suis un honnête citoyen père de famille, je n’ennuie personne. Je demande la légalisation du cannabis ». Sauf que nous ne sommes pas encore au Pays-Bas, et qu’en France, le simple usage de produits stupéfiants est puni par la loi. Le sang du substitut du procureur, M. Piquet, n’a alors fait qu’un tour. « Monsieur est peut-être un bon père de famille, mais il est un danger public, à conduire sous l’empire de cannabis. » Le magistrat représentant le ministère public demandait la peine de 1 500 euros d’amende, ainsi que huit mois de suspension du permis de conduire. Une sanction qui a été en partie confirmée par le tribunal. En partie seulement, car le montant de l’amende a été ramené à 1 000 euros.

Par Rémi Lebrère Lire le reste de cette entrée »








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