Amsterdam – 54% des habitants se disent indifférents aux coffeeshop dans leur quartier

24 06 2011

‘Autoproduction en réponse au système de wietpass »
un coffeeshop hollandais, lieux de vente du cannabis à usage  personnelAmsterdam – Près d’un quart des Amstellodamois interrogées préfèrent s’autoproduire ou acheter directement leur cannabis auprès d’un producteur plutôt que de se plier au système de pass pour les coffee shops selon un sondage commandé par la municipalité d’Amsterdam publié ce mercredi.

Seulement 30% des répondants ont indiqué qu’ils s’enregistreraient eux-mêmes dès lors que la nouvelle politique serait introduite. Pour cette étude, 1214 visiteurs et 66 employés de coffeeshop ont été interrogés, ces observations ayant été faites dans 59 coffee shops d’Amsterdam.

Tous s’accordent à penser que l’introduction du « wietpas » reconduira la drogue douce dans la rue, aux cotés les drogues dures.

La commune souhaite un plan pour une meilleure répartition des coffees dans la ville. Cela devrait, selon eux, éviter les nuisances.

Incidemment les nuisances subies par les habitants dans les quartiers dépourvus de coffeshop ne sont pas vraiment inferieures aux quartiers ayant des coffeeshops. Beaucoup d’habitants (54%) se disent indifférents à la présence d’un coffeeshop dans leur quartier. Près d’un tiers considèrent leur présence inconfortable, selon l’étude.

Amsterdam compte environ 250 coffeeshops, seuls endroits possédant une licence de vente de cannabis en petite quantité (5g max.) aux personnes de plus de 18 ans. Bien que la loi interdise la production à but commerciale, la justice tolère la culture personnelle à hauteur de 5 plantes par foyer à condition qu’elles soient cultivées en extérieur et ne soit pas une source de nuisance pour le voisinage.

Source: De Telegraaf





Jimmy Carter, 30 ans après, il veut toujours légaliser le cannabis

21 06 2011

Vendredi dernier marquait l’anniversaire des 30 ans de la déclaration du président Reagan qui vouait une « guerre aux drogues ». A cette occasion le New York Times a publié un éditorial où son prédécesseur, Jimmy Carter, déclare son soutient pour les récentes recommandations demandant aux pays du monde entier d’implanter des « modèles de régulation juridique de la drogue… Conçu pour miner le pouvoir du crime organisé et protéger la sécurité de leurs citoyens ».

Dans cet éditorial, le président Carter a qualifié les recommandations de la Commission mondiale pour les politiques sur les drogues « courageuses et profondément importantes. »

Il raconte aussi la situation telle qu’elle était lors de sa présidence:

«Dans un message au Congrès en 1977, j’ai déclaré que le pays devrait décriminaliser la possession de moins d’une once de marijuana (28g), avec un programme complet de traitement pour les toxicomanes», Carter écrit. « J’ai aussi mis en garde contre le remplissage de nos prisons avec des jeunes qui étaient sans danger pour la société. »

Jimmy Carter, Ex Président et Prix Nobel de la Paix en 2002

Jimmy Carter, Ex Président et Prix Nobel de la Paix en 2002 supporte la légalisation

Comme il l’a souligné dans ce même édito, la population carcérale est passé de 500,000 Prisonniers sous sa présidence en 1981 à plus de 2 millions en 2009. De plus, j’ajouterai que bien que 12% de la population du pays soit Afro-américaine, ils représentent 48% de la population carcérale du pays et dans la ville de New York seule, 85% des arrestations concerne des membres de minorités ce qui prouve que la guerre au drogues n’est en fait qu’une guerre racial dans un pays tourmenté par son histoire qui a débordé sur la scène internationale.

Pour l’ancien président et prix Nobel de la paix  » Les sanctions contre la possession d’un produit stupéfiant ne doit pas être plus dommageable pour un individu que l’usage de la drogue elle-même « .

« Ces idées étaient largement acceptées à l’époque, » Carter écrit. « Mais dans les années 1980 le président Ronald Reagan et le Congrès ont commencé à dériver des politiques antidrogue équilibrée, y compris le traitement et la réinsertion des toxicomanes, vers de vains efforts pour contrôler les importations de drogue provenant de pays étrangers. »

« Un résultat a été une escalade terrible violence liée aux drogues, la corruption et les violations flagrantes des droits humains dans un nombre croissant de pays latino-américains», écrit Carter.

Cela ne s’est pas arrêté aux pays Sud-Américains; la guerre en Afghanistan est l’exemple type de l’ingérence Américaine dans les pays producteurs de drogues, tentant vainement de traiter le « problème » à sa source, ils ont mis en place un régime ou le président est lui-même  indirectement impliqué dans le trafic d’opium. Cette violence touche aussi certains pays africains qui sont désormais utilisé comme plaque tournante du trafic international commandité par les cartels sud américains pour atteindre les mégalopoles Européennes.

Car le problème de la drogue ce n’est pas les pays producteurs qui le créent, mais bel et bien la société occidentale poussée en permanence à la consommation dans un contexte ou l’addiction est un outil de marketing.

« Peut-être l’augmentation du fardeau fiscal sur les citoyens riches nécessaire de payer pour la guerre contre la drogue va contribuer à une réforme des politiques sur les drogues de l’Amérique», écrit Carter. «Au moins les recommandations de la Commission mondiale donneront une certaine couverture pour les dirigeants politiques qui veulent faire ce qui est juste. »

Une proposition de loi pour mettre fin à la prohibition du cannabis au niveau fédéral aux États-Unis doit être présentée ce jour au Congrès Américain. En espérant que cette proposition soit suivi de mesure effectives qui fasse évoluer une situation plus qu’intenable.

Source: Toke Of the Town (en Anglais)





Double-jeu des États-Unis contre le Mexique

17 06 2011

Pour ceux qui s’intéressent de près ou de loin au problème du trafic international de drogues et son impact sur la population, vous trouverez un article très bien écrit par André Maltais sur la situation au Mexique intitullé: Double-jeu des États-Unis contre le Mexique.

Pour pouvoir comprendre ce qui se trame derrière le crime organisé et sa relation privilégié avec les gouvernements et les instances financières, cet article décortique la situation dramatique qui touche le Mexique, où les ententes entre les cartels et les banques pour blanchir des sommes toujours plus impressionnante sont facilement mises au jour.

Sans avoir de sources précise à ce sujet, je me souviens avoir lu quelque part que les cartels mexicains avaient permis aux banques de se renflouer pendant la crise grâce à leurs liquidités (illégalement obtenues), à hauteur de centaines de millions de dollars prouve selon moi que l’argent n’a pas d’odeur et que les banquiers n’ont aucun odorat, la justice quant à elle étant bien entendu aveugle.

André Maltais quant à lui dispose de sources qui montrent clairement le poids des États-Unis dans des décisions internationales (ici celles de son voisin Latin) sous couvert de défendre la démocratie ou la liberté des citoyens alors qu’ils ne défendent que leurs intérêts propres, au détriment des populations locales et de leurs gouvernements qui ne sont finalement que des acteurs figuratifs leur permettant de ne pas être impliqué directement dans des décisions qui coutent la vie à des milliers de citoyen d’une nation qui n’est pas la leur.

Le peuple Américain est sans aucun doute un peuple extraordinaire de par sa capacité a évoluer et se concentrer sur l’avenir, mais leur gouvernement à depuis bien longtemps concentré ses effort pour maintenir un statu-quo qui serait plus profitable a une minorité plutôt que d’améliorer le niveau de vie de ses citoyens et, étant donné leur implications sur la scène international, le reste du monde. La propagande mise en place par le biais des médias, qui a commencé bien avant la télévision, a conditionné la population à consommer toujours plus, dans une logique capitaliste, mais surtout a exacerbé leur peur de l’inconnu alors que c’est la quête d’inconnu qui a poussé à l’essor de cette nation.

La peur est au centre des débats, qu’on le veuille ou non, et c’est la peur de l’inconnu qui pousse tant de monde à refuser un débat sur la légalité du cannabis. La peur de voir des organisations criminelles se tourner vers des activités plus dangereuses, la peur de voir des produits plus dangereux envahir les rues etc. qui peut être sommes toute résumé par la peur de la nature humaine et l’aspiration de chacun à un moyen de s’évader des contraintes de la réalité.

En vous souhaitant une bonne lecture!





La prohibition des drogues est un facteur d’insécurité

16 06 2011

Publié ce jour dans Le Monde un article de M. Korkoreff, professeur de sociologie à l’université Nancy-II.

Il est a noté que les politiques utilisent souvent l’argument du manque de recherche scientifique pour baser le débat.

Il est donc bon de rappeler que la communauté scientifique a les mains liée par les décisions politiques et les laboratoires pharmaceutiques qui financent les recherches. Ajoutez à cela le système en place pour la publications des résultats de recherche et vous comprendrez aisément que les études sur les effets du cannabis sont limitées par de trop nombreux facteurs.

Voici donc un avis scientifique sur les effets de la prohibition:

Le débat public sur les politiques en matière de drogues prend une tournure nouvelle. C’est le cas en France, avec la question de la « dépénalisation du cannabis », les salles de consommation à moindres risques, ou encore l’échec patent de la « guerre nationale contre les trafiquants des cités ». Mais il s’agit d’un débat qui s’inscrit à une plus large échelle, tant les questions des drogues se sont mondialisées.

Premier aspect fondamental, le consensus sur la « guerre contre la drogue » s’est érodé. L’ONU a reconnu en 2008 l’échec de cette politique impulsée par Ronald Reagan. En réalité, elle s’est trop souvent transformée en une « guerre contre les usagers et leurs communautés ».

Lors de son assemblée du 26 octobre 2010, un rapport fondé sur des synthèses validées par des experts internationaux a, entre autres recommandations, préconisé la décriminalisation de l’usage et de la possession de drogues. La commission globale sur la politique des drogues, créée au début de l’année, a remis en mai un rapport visant à ouvrir un débat mondial sur les alternatives à la lutte antidrogue, car « les mesures répressives (…) ont échoué à faire baisser l’offre ou la demande ».

De fait, deuxième aspect, les politiques publiques se sont adaptées à la massification des consommations. Au sein de la communauté européenne, on observe que les sanctions applicables pour la consommation ou la possession pour usage personnel ont été revues à la baisse depuis 2001, soit pour toutes les drogues (Estonie, Grèce, Hongrie, Portugal, Finlande), soit pour le cannabis seul (Belgique, Luxembourg). Le Portugal a opté, depuis 1999, pour une politique de décriminalisation.

Son évaluation, dix ans plus tard, démontre qu’elle n’implique pas une augmentation des usages et favorise les prises en charge sanitaires et thérapeutiques. Toutefois, au cours de cette période, tous les pays n’ont pas réduit les peines maximales et probables. C’est le cas de la France, où la « pénalisation » de l’usage atteint des niveaux jamais égalés, comme l’a rappelé une note de synthèse récente de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT).

C’est que, troisième aspect, la prévalence (mesure de l’état de santé d’une population pour une période donnée) des usages est élevée. Nous disposons désormais de données statistiques sur les consommations démontrant que les consommations constituent un fait social indéniable.

Ainsi, au sein de l’Union européenne, selon les données du rapport de 2008 de l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT), on estime la prévalence de l’usage de cannabis au cours de la vie à 71 millions de personnes (12 millions pour la cocaïne), la consommation au cours de l’année 2010 à 23 millions (4 millions pour la cocaïne) et celle au cours du mois de mai à 12 millions (2 millions pour la cocaïne).

Aux Etats-Unis, on estimait en 2005 à 49 % la prévalence de la consommation de cannabis au cours de la vie chez les jeunes adultes (18-35 ans) et à 21 % la prévalence au cours de l’année. Le cas de la France indique un écart comparable entre une politique de fermeté et des consommations massives. Les données sur la prévalence étaient respectivement de 12 millions (au cours de la vie), de 5 millions (en 2010) et de 1,2 million (au cours du mois de mai), sans parler des usages quotidiens (550 000). Si on enregistre une baisse relative ces dernières années dans l’Hexagone, il faut rappeler que les niveaux étaient exceptionnellement hauts.

Un quatrième aspect concerne les trafics de drogues et leur impact sur leur environnement social et urbain. Nous savons que l’économie clandestine des drogues s’est implantée durablement dans les grandes villes et les quartiers les plus pauvres au cours des années 1970. Elle a connu des transformations majeures (éclatement des structures pyramidales, dissémination des réseaux, professionnalisation des dealers, usage accru de la violence dans la régulation des conflits, etc.).

On pourra regretter de ne pas disposer d’une base de données statistiques solides sur les trafics dans les villes européennes. Mais, en France notamment, les faits divers dramatiques rapportés au quotidien montrent les effets pervers d’une stratégie policière qui déstabilise et déplace les réseaux sans les éradiquer. Pour une double raison : d’un côté, la situation sociale est le moteur du business, et ses « têtes » disposent d’une « armée de réserve » illimitée pour satisfaire une demande forte ; de l’autre, le business est une alternative au mépris et au déshonneur, elle confère une reconnaissance et une dignité – quoi qu’on en pense.

Bien évidemment, ces dimensions sont liées. On l’a bien vu aux Etats-Unis, à travers le débat portant sur la légalisation de la marijuana, en 2009. Tous les médias – y compris les plus conservateurs – ont traité cette question. Les enjeux en sont multiples : économiques (les taxes sur la marijuana rapporteraient entre 40 et 100 milliards de dollars), liés à la sécurité (la recomposition de la géographie des cartels a conduit à des milliers de morts au Mexique) et à la gestion pénale de la criminalité (désengorger les tribunaux et les prisons des usagers simples), ainsi qu’à la santé publique (le risque de dépendance est faible, comparé à l’alcool et au tabac).

Il importe donc de prendre au sérieux ce débat à la fois mondial et régional. L’enjeu est de clarifier les enjeux et les arguments de façon pragmatique plutôt que de manière idéologique. Non pas de jouer sur les peurs des opinions que suscite ce « fléau social », mais de sortir du statu quo qui nourrit les hypocrisies de toute sorte. Le mythe de sociétés sans drogues a vécu, la massification des usages le démontre. La prohibition n’est pas seulement coûteuse et inefficace, elle est devenue une source majeure d’insécurité.

Réactualiser le cadre législatif, adapter les politiques publiques en fonction des risques réels et des situations locales, s’interroger sur la fonction sociale des usages et les mutations de société qu’elle révèle sont une nécessité politique.

 

Une bonne partie des élus devrait lire ce genre d’information avant de se faire publier sur des quotidiens nationaux. Peut être que la mention d’insécurité donnera envie au président de l’utiliser pour sa prochaine campagne???

Note: Le titre de l’article sur Le Monde a été modifié pour etre plus fidel au texte.

Ouvrage : « La drogue est-elle un problème ? Usages, trafics et politiques publiques » (Petite Bibliothèque Payot, 2010).

Michel Kokoreff, professeur de sociologie à l’université Nancy-II.





La Féderation Française des addictions appel a un débat déraisonné après les présidentielles

10 06 2011

Pr ReynaudPour une fois en France, la FFA, par la voix du Pr Reynaud, fait entendre son opinion sur la dépénalisation du cannabis. Son avis qui vise a réserver un débat dépassionné pour après les élections est une première et souligne a quel point il est difficile d’avoir un débat éclairé en période électorale.

Il serait pourtant important d’ouvrir le débat au plus tôt pour sortir de ce cercle infernal de répression-criminalisation mais la tendance des partis politique a instrumentaliser ce qui au final est un argument de campagne pour essayer de gagner des voix (ou les voler au voisin) donne tout son sens aux propos relaté par l’AFP. Il demande aussi que le débat soit fondé sur des fait scientifiques, et non sur les croyances de chaque camps.

Vous trouverez ci-dessous la déclaration qu’il a fait hier auprès de l’agence France-Presse:

Cannabis : un débat dépassionné après les présidentielles

PARIS – Le Pr Michel Reynaud, vice-président de la Fédération française des addictions (FFA), s’est prononcé jeudi, à propos de la polémique sur une dépénalisation du cannabis, pour un débat dépassionné, après les présidentielles, et un débat scientifique.

Il faut sortir du front contre front absurde, a-t-il déclaré à l’AFP, à l’occasion de la présentation du Livre blanc de l’addictologie française.

L’abord légal-illégal est dépassé, parce que on ne peut pas limiter la toxicité d’un produit au fait qu’il est illégal, a-t-il dit. Donc il doit y avoir un abord un peu plus intelligent et des mesures un petit peu plus pragmatiques.

C’est un débat dont on ne souhaiterait pas qu’il se tienne maintenant, parce qu’il va être instrumentalisé et poussé aux extrêmes, a affirmé le Pr Reynaud, responsable de l’Albatros (Centre d’enseignement, de recherche et de traitement des addictions, hôpital Paul Brousse, AP-HP).

La loi de 70, prohibitive, a fait la preuve de son inefficacité absolue. Elle n’a pas empêché les consommations d’augmenter, a souligné le psychiatre.

On n’est plus en 70, on est en 2011 à essayer de modifier les comportements addictifs, à essayer de les réguler, à essayer de les prévenir, a-t-il ajouté.

Il nous semble que la question du cannabis se pose plutôt du côté de la sécurité publique et de l’économie que de la santé publique, et donc après, c’est à la population et aux politiques de voir s’il y a des bénéfices économiques et de sécurité à modifier la législation, a déclaré le Pr Reynaud.

La seule chose qu’on demande, c’est que la consommation privée ne soit plus criminalisée, comme au Portugal, a-t-il ajouté. Par contre il faut criminaliser, pénaliser, tous les dommages faits à autrui, a dit le médecin.

(©AFP / 09 juin 2011 16h02)

A noter que la FFA demande une décriminalisation de l’usage, et insiste sur la criminalisation des malfaiteurs.

Le cannabis est inscrit depuis 1970 dans la liste des stupéfiants, qui selon la définition du dictionnaire: « sont des stupéfiants les substances inscrites dans la liste des stupéfiants », une définition certainement loin d’être intelligente ni pragmatique.

Serait-il enfin temps en France d’adopter un discours pragmatique et de dissocier les usagers des vrais criminels dans un débat a l’échelle nationale?

Source: AFP








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