Le lien entre cannabis et psychose?

3 03 2011

 

Une récente recherche  publié sur le British Medical Journal a étudié la corrélation entre usage de cannabis et risque de troubles psychotiques.

De nombreux pays européens prescrivent déjà du cannabis aux patients qui en ont besoin

La recherche (texte intégrale en Anglais, PDF) basé sur des données collectés depuis 10 ans par des chercheurs d’universités Allemandes et Hollandaises ainsi que des experts de l’Institut de Psychiatrie de Londres, avait pour but de définir un lien de causalité entre consommation de cannabis et l’apparition de troubles psychotiques. Cette étude a été menée auprès d’une population de 1923 individus Allemands âgés de 18 a 24 ans.

Le résultat de l’étude est le suivant: Cannabis use is a risk factor for the development of incident psychotic symptoms. Continued cannabis use might increase the risk for psychotic disorder by impacting on the persistence of symptoms. (L’usage de cannabis est un facteur de risque de développement de troubles psychotiques symptomatiques. L’usage régulier de Cannabis pourrait augmenter le risque de troubles psychotiques de par son impact sur la persistance des symptômes)

Pour information, un facteur de risque n’est pas forcément la cause de l’apparition d’une maladie. Dans cette étude, ils ont pris en compte par exemple les traumas reçu pendant l’enfance, ce qui est aussi un facteur de risque. Il est pourtant peu fréquent de voir des recherches scientifiques étudier des facteurs plus variés (et qui ne visent pas un produit pourtant déjà illégal). Pourquoi ne pas faire une étude sur la corrélation entre l’addiction aux jeux vidéos chez les enfants et les troubles psychotiques par exemple? Ou chez les victimes de pédophiles? Les résultats serai intéressant à comparer avec les risques de psychose due au cannabis.

De nombreux articles dans les média en ont fait écho avec des titres aussi variés qu’imprécis. Bien évidement les plus grands « fournisseurs d’information » tel que le Figaro n’ont pas hésité une seule seconde d’omettre le conditionnel dans les résultats de la recherche. D’autres, plus prudents comme le Parisien, on pris soin de garder cette retenue quant aux résultats d’une étude qui n’est que la succession de nombreuses recherches subventionnées pour prouver les effets néfaste du cannabis.

Publié en 2007, une étude du très respecté Lancet (journal médical) visait déjà le même objectif, avec comme question clinique: L’usage de cannabis peut-il provoquer, en dehors d’épisodes d’intoxication aiguë, des troubles psychotiques ou affectifs ?

Dans cette recherche pourtant, il est assez surprenant de lire en dessous des conclusions les potentiels conflits d’intérêts, car sur les 7 experts ayant travaillé sur cette recherche, 5 « ont reçu, à différents titres, des honoraires de l’industrie pharmaceutique « . Cette même industrie qui vends des drogues par millions a travers le monde, comme toute industrie vie d’un principe économique, or si des produits pharmaceutiques sont hors de leur contrôle, il perdent logiquement des parts de marché. Donc comme n’importe quelle industrie, pour assurer sa pérennité, ils se doivent de faire valoir leurs produits face à une concurrence trop gênante. Et si cela signifie décrédibiliser  la concurrence, les laboratoires pharmaceutiques n’hésitent pas. Tout comme ils n’hésitent pas a tester des drogues en Afrique sans suivre les directives d’éthique.

Cela choque venant d’une industrie qui a pour but de maintenir la santé de la population de pouvoir limiter l’accès a une drogue qui pourtant a montré ses preuves dans le traitement du glaucome, de la maladie de Crohn, la sclérose en plaque multiple etc. et dont le potentiel dans le traitement des différents cancers est plus que prometteur. La plupart des recherches subventionnées sur les effets médicaux du cannabis sont la plupart du temps accordé dès lors qu’elles étudient un potentiel effet négatif.

Le cannabis comme toute substance psycho-active se doit d’être consommé avec modération. Il n’est pas sans risque bien évidement, mais de le diaboliser ne fait qu’entretenir une idée reçu répandue à coup de propagandes. Ne croyez pas que de proposer des médicaments pour tel ou telle maladie soit fait dans le seul but d’améliorer le niveau de vie des malades, c’est une industrie comme une autre, elle tente de survivre.

Personnellement, je suis persuadé que mes troubles psychotiques viennent du fait que j’ai touché mon premier verre d’alcool a 6 ans (comme beaucoup d’enfants en France lors d’un mariage), mais faites comme moi, cherchez donc une étude scientifique qui établisse un lien possible entre la consommation d’alcool et des troubles psychotiques. Hélas aucun résultat ne semble confirmer l’existence de telles recherches… Coïncidence?


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