Suisse: Vente de cannabis médical en pharmacie

22 02 2011

Fumer du cannabis récréatif reste interdit en Suisse. Pas question de dépénaliser, a répété le peuple en 2008. Par contre, la nouvelle Loi fédérale sur les stupéfiants, qui devrait entrer en vigueur d’ici le 1er Juillet, ouvre la porte à une utilisation médicale de produits à base de chanvre. Le point avec le Dr Claude Vaney, chef du Service de réadaptation neurologique de la Clinique Bernoise à Montana, et membre de la commission d’experts qui a préparé la loi a été interviewé par Martine Clerc du journal La Tribune De Genève. Il est l’auteur de la première étude en Suisse (2004) qui a permis de mettre en évidence l’effet du chanvre dans le traitement des symptômes de la sclérose en plaques.

Extrait de cet entretient du 21/02/2011

Que va changer la nouvelle Loi sur les stupéfiants?
En termes de chanvre médical, c’est la fin d’un tabou. Avec la nouvelle loi, il devrait être possible de prescrire du THC (tétrahydrocannabinol, le principal principe actif du cannabis) produit à base de cannabis en tant que plante, et non plus seulement du THC synthétique. Actuellement en Suisse, nous ne pouvons prescrire que la préparation nommée Dronabinol (dénomination commune internationale du THC) produit de synthèse à base de pelures d’orange…

Cette loi n’est-elle pas la porte ouverte à l’autorisation de la «fumette», sous couvert d’usage médical?
En aucun cas. La fumée est nocive et les médecins ne vont pas la favoriser. Par contre, la loi mettra les malades à l’abri du marché noir: ils ne devront plus aller se fournir chez des dealers qui proposent un chanvre avec un très fort taux de THC provoquant des effets psychotropes. Ils pourront aller dans une pharmacie avec une ordonnance et obtenir du cannabis élaboré dans des conditions médicales acceptables.

Dans les faits:

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Ce qui changera avec la nouvelle Loi sur les stupéfiants qui devrait entrer en vigueur au 1er juillet? On pourra demander à Swissmedic l’homologation de médicaments à base de chanvre autorisés aujourd’hui dans des pays de l’Union européenne. De nouvelles préparations pourraient aussi être fabriquées en Suisse. Une prescription médicale demeurera cependant obligatoire. Et pas question pour les malades de cultiver eux-mêmes leurs plants ou d’en acheter chez des cultivateurs. Ils devront passer par la case pharmacie.

Pour quel type de pathologie? Sclérose en plaques, certaines douleurs chroniques, surtout neurogènes, ou encore la perte de poids en cas de cancer. Actuellement, l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) autorise une cinquantaine de personnes à être traitées au THC synthétique, sur demande de leur médecin. Ce chiffre devrait augmenter, malgré des conditions qui resteront strictes.

Pour obtenir une autorisation, les médecins devront, entre autres, prouver que la diminution de la qualité de vie de leur patient est clairement liée à la maladie, que d’autres thérapies n’ont pas fonctionné et que le traitement visé est documenté dans la littérature médicale.

L’autorisation ne sera délivrée que pour six mois, renouvelable. Pour l’heure, les caisses n’ont pas l’obligation de rembourser ces traitements.

La Suisse s’ajoute donc a la liste constamment grandissante des pays qui approuve l’utilisation médical des fleurs de cannabis.

Sources: TDG ; AMGE ; 20Minutes





Cannabis thérapeutique: la France lobotomisé?

11 02 2011

75% des citoyens allemands et américains sont favorables à l’usage médical du cannabis.


cannabis vendu en pharmacie

Fleurs de cannabis vendu en pharmacies (Hollande)

Selon un sondage réalisé par l’Institut Emid, l’usage médical du cannabis est largement soutenu en Allemagne. Sur 1001 personnes interviewées par téléphone, 76% ont répondu que l’usage médical du cannabis devrait être autorisé, 18% ont répondu négativement et 6% se sont exprimés sans opinion. Le sondage, composé de deux questions, avait été demandé par l’Association Allemande pour le Cannabis Médical (ACM). Selon les réponses à la seconde question, 65% des Allemands estiment que le traitement par le dronabinol (THC) devrait être remboursé par les assurances maladies, ce qui n’est pas le cas actuellement.

Le soutien pour l’usage médical du cannabis est plus prononcé de la part de la population éduquée, des personnes âgées entre 50 et 60 ans, des supporteurs de petites formations politiques, chez les Verts (90%), les Greens Liberals (85%), et la Gauche (85%). Plus des trois quarts des Sociaux Démocrates (83%) et des Démocrates Chrétiens (77%) soutiennent l’usage médical du cannabis. Ceux qui ne votent pas sont les moins suspenseurs. Ces résultats sont similaires à ceux obtenus aux Etats-Unis, lors d’un sondage Rasmussen récent, qui indiquait que 75% des citoyens Américains sont favorables à l’usage médical du cannabis quand il est prescrit par un médecin.

En France, la dernière enquête en date (Eropp 2008) sur les opinions et les perceptions sur les drogues affirmait que 70% des 2.300 personnes âgées de 15 à 75 ans interrogés (échantillon « représentatif ») se disaient contre l’autorisation du cannabis sous certaines conditions. Pas de détail supplémentaire en ce qui concerne ces « certaines » conditions, mais il va de soit que l’autorisation concernerait aussi l’usage médical.

C’est à se demander si les Français n’ont pas été lobotomisé pour ignorer les vertus thérapeutiques du cannabis. Nombre de recherches font régulièrement part de découvertes prometteuses dans le fonctionnement du système endocannabinoïde et les applications thérapeutiques des cannabinoïdes présents également dans la plante.
Sinon c’est que cet échantillon n’est pas si représentatif que cela. Pourquoi refuser aux malades qui n’ont aucun autre recours pour soulager leurs symptômes d’utiliser du cannabis qui lui, se montre efficace pour lutter contre des maux aussi variées que le cancer, le glaucome, la sclérose en plaques, la maladie de Crohn pour n’en citer que quelques unes?

Source: UFCMed





Cannabis, violence et criminalité

3 02 2011

Il est évident qu’il existe une certaine association entre les substances psychoactives et la criminalité.  Il est tout aussi évident que ce lien est beaucoup plus complexe qu’on ne le dit parfois, comme l’a souligné le professeur Brochu lors de son témoignage devant le Comité.

« Seulement à mon bureau de l’Université de Montréal, 2 973 études tentent d’établir un lien entre les substances psychoactives et la criminalité.  La majorité de ces études viennent des États-Unis ou de pays anglophones, et cela a pour effet de teinter quelque peu la vision des choses parce qu’on sait que nos voisins américains ont opté pour une approche répressive dans le domaine des drogues illicites.  Ce qui ressort de l’ensemble de ces études, c’est la complexité du lien entre la drogue et le crime. »

Depuis son témoignage, le professeur Brochu a rendu publique l’étude dont il a fait mention au Comité.

On peut examiner la relation drogue – criminalité sous au moins trois angles : les effets de la substance elle-même, les effets du coût de la substance, et l’appartenance de la drogue au monde illicite.cannabis violence et criminalité

Une proportion importante des contrevenants a des problèmes reliés à l’abus de substances psychoactives, l’alcool au premier plan.  De fait, l’étude conclut que l’alcool est la substance la plus fréquemment associée aux délits de violence ; dans le cas des délits contre la propriété, ce sont les drogues illicites qui dominent.  Le cannabis venait au troisième rang (3 à 6 % selon l’étude), loin derrière l’alcool (24 %) et la cocaïne (8 à 11 %).

Sur la seconde approche, les auteurs établissent qu’entre 17 % et 24 % des détenus ont commis une infraction pour se procurer l’argent nécessaire à l’achat de la substance de choix, la plupart du temps de la cocaïne.

Enfin, sur la troisième approche, le fait que les drogues illicites soient marginalisées fait en sorte d’exposer les usagers à un milieu déviant.  Nous avons noté à la section précédente que, concernant le cannabis, le fait que les revendeurs puissent offrir de l’héroïne ou du crack en même temps que du cannabis peut favoriser une trajectoire de passerelle vers ces autres drogues.  De la même manière, le fait que ces substances soient illégales peut contribuer à amener des personnes vers une trajectoire délinquante.  De plus, le milieu du trafic de drogues est un milieu relativement violent où se commettent toute une série d’infractions.  Enfin, le seul fait de vendre du cannabis constitue en soi une infraction pénale et l’on sait qu’un certain nombre de personnes sont incarcérées pour cette raison (du moins si la quantité est supérieure à 30 grammes).

Au total, le cannabis en soi ne mène pas à une trajectoire délinquante et c’est plutôt l’inverse qui pourra se produire : une personne s’inscrivant jeune dans une trajectoire de délinquance sera plus rapidement exposée aux drogues illicites et pourra expérimenter plus tôt et s’installer plus tôt dans une carrière de consommateur.

De plus, en raison même de ses effets psychoactifs relaxants et euphorisants et de ses effets moteurs sur le relâchement du tonus musculaire, le cannabis est peu propice à entraîner des actes de violence.

Les données des études sur les consommateurs à long terme confirment ce portrait d’ensemble sur la relation entre cannabis et criminalité.  Ainsi, Cohen et Kaal ont observé que moins de 5 % de leurs répondants avaient commis des infractions pour obtenir du cannabis (menus larcins, vol à l’étalage, vols).  L’infraction la plus fréquemment commise pour obtenir du cannabis était d’en vendre.

En somme, le Comité retient que le cannabis n’est pas une cause de violence ni de criminalité sauf dans de rares cas et à l’exception bien entendu de la conduite sous l’influence dont il sera question au chapitre 8.

site source :http://www.parl.gc.ca/37/1/parlbus/commbus/senate/com-f/ille-f/rep-f/repfinalvol1part2-f.htm#Cannabis, violence et criminalité

pour accéder au rapport complet du comité spécial du sénat canadien en 2002 trés intéressant je trouve et qui démontre une fois de plus …

lien : http://www.parl.gc.ca/37/1/parlbus/commbus/senate/com-f/ille-f/rep-f/repfinalvol3-f.htm

 

Cet article a été écrit par: Marcoelkako sur son blog Le kako





Bernard Rappaz accueilli « comme une star »

1 02 2011

Libérez RappazLe chanvrier a été transféré lundi du quartier carcéral des HUG au pénitencier de Crêtelongue (VS). Première interview depuis la fin de son jeûne le 23 décembre

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