Les compteurs intelligents sont-ils des balances?

13 10 2010

Prévu pour remplacer nos bons vieux compteurs électriques d’ici 2017, le compteur dit « intelligent » – nommé linky – sème le trouble au niveau européen. Cette nouvelle technologie devrait faciliter les économies d’énergie et donc lutter contre le réchauffement climatique. Mais derrière ce boîtier numérique jaune se profilent des enjeux financiers colossaux et de possibles régressions sociales.

Affiche d'une campagne de mise en garde Hollandaise: Arrêtez les compteurs espions "intelligents"

« Il fait peur aux techniciens, vous savez ». « Il » c’est le « linky », un nouveau compteur qui pourrait remplacer d’ici 2017 les 35 millions de compteurs électriques actuellement en fonctionnement dans l’hexagone. Le linky – également appelé compteur « intelligent » – est un appareil électronique théoriquement capable de transmettre en temps réel au fournisseur d’énergie des informations sur la consommation du client. Les données transitent du compteur installé chez les clients vers des concentrateurs qui centralisent les données, grâce aux câbles électriques avant d’être transmises au fournisseur d’énergie. Ce dernier peut donc relever à distance, automatiquement et en temps réel la consommation d’énergie sans recourir au déplacement d’un agent.

L’Italie, talonnée par la Suède, est un pays pilote en Europe avec 85 % de foyers équipés. En France, l’heure est à l’expérimentation : ERDF teste depuis avril 2009 la pose de 300 000 compteurs et de 5 000 concentrateurs en Touraine et dans la région lyonnaise. Ces expériences pourraient valider en 2012 la généralisation du linky sur le territoire national. L’adoption par la Commission européenne le 9 octobre 2009 d’une recommandation pour accroître l’utilisation de « technologies intelligentes » dans la lutte contre le réchauffement climatique accélèrera l’arrivée du linky. Convaincue qu’avec cette technologie « certains consommateurs pourraient réduire leur consommation d’énergie de 10 % », la Commission invite les Etats-membres à adopter au plus tard fin 2012 « un calendrier de déploiement des compteurs intelligents dans les ménages européens ».

L’Europe est donc déjà convaincue… mais par qui ? Un lobby répondant au nom sans ambiguïté de Groupe industriel européen des compteurs intelligents rôde dans les couloirs des institutions de l’Union européenne. Parmi les 23 membres de ce groupe, on retrouve les fournisseurs de modules comme Sagem communications et des fabricants de compteurs tels que Siemens. Le remplacement du parc de compteurs au niveau européen représente un énorme enjeu financier et stratégique dans le secteur de l’informatique, des télécommunications et de l’énergie.

Dans les faits, une équipe de scientifiques de l’Université d’Oxford a conclue après recherche que l’appareil seul ne suffiraient pas mener à une baisse de la consommation générale. L’auteur Dr. Sarah Darby cite l’Italie et la Suède, expliquant « Ils [les compteurs] ne sont pas en cours de déploiement dans le but de fournir un meilleur retour aux clients, si ce n’est que les foyer recevrons une facture précise alors qu’avant il auraient eu une estimation. »  Un autre article publié dans le même Building Research and Information journal (Journal d’information et de Recherche du Bâtiment) prévient que les avantages du compteur intelligent pourrait être moins efficace a plus long terme.

Une étude Hollandaise met en doute les résultats des recherches internationales en la matière car elle sont toutes basées sur des périodes de 4 mois tout au plus, ce qui est relativement court. En effet, lorsque l’équipe de chercheurs de l’Université Technologique de Delf a mené son étude sur une période de 15 mois, ils ont découverts que les bénéfices du compteur intelligent étaient perdu tant que les fonctions pratiques ne sont pas assimilés par les utilisateurs comme une routine quotidienne.

Plusieurs journaux ont également dénoncé l’intrusion dans la vie privée permise par ce compteur, après la tenue à Madrid en novembre 2009 de la 31ème Conférence internationale de protection des données et de la vie privée. A cette occasion, Elias Quinn du Centre pour la sécurité énergétique et environnementale de l’Université du Colorado, a pointé le risque d’une tentation par les compagnies électriques de vendre les données collectées par les compteurs intelligents.

Cela pourrai très bien concerner les cultivateurs de cannabis. Combien de foyers utilisent a ce jour des systèmes de culture d’intérieur? En France une estimation du gouvernement donne le chiffre de 140 000 cannabiculteurs (sic.) (OFDT) dont une partie croissante se tourne vers la culture d’intérieur par soucis de discrétion. Or il y a une différence entre vendre les informations à des compagnies et se voir les données réquisitionnées par l’État, surtout l’actuel. Qu’adviendra-t-il des citoyens qui pour ne pas faire profiter le marché noir ont décidé de se tourner vers l’autoproduction?

Au Canada, selon le journal Observer cette démarche a déjà permis l’acquisition d’information menant au démantèlement  de jardin de cannabis d’intérieur. Bien que la court ait refusé ceux-ci comme preuve, jugeant que la méthode d’acquisition des données n’était pas en accord avec les mandats nécessaires, bien que les charges aient tout de même été retenues.

Aux États-Unis la mise en place de ces compteurs est elle aussi décriée. Un employé d’un fournisseur d’énergie Américain aurait même déclaré qu’une hausse de la consommation due à une baignoire pourrai déclencher une enquête fédérale, précisant en même temps que des agents du FBI et de la DEA venaient régulièrement discuter avec les employés.

La motivation principale des fournisseurs électriques pour l’installation des compteurs intelligents sur le nouveau continent est pourtant bien plus pragmatique qu’en Europe, pas d’économie d’énergie ou de geste écologique en vue mais bel et bien « la possibilité de couper, à distance, la ligne des clients n’ayant pas payé leur facture ».

En Europe, au sein de l’union les réactions divergent. Stockholm s’est lancée dans l’installation d’un réseau de distribution électrique « intelligent » à grande échelle dans un nouveau quartier. La Belgique, elle, reste divisée en l’absence d’évaluation. Si la Flandre s’engage pleinement dans le processus, la Commission wallonne pour l’énergie met la pédale douce estimant qu’un « examen scrupuleux » est nécessaire avant tout investissement. Le débat fait également rage aux Pays-Bas depuis plusieurs mois. Un projet de loi organisant la mise en place du compteur intelligent prévoyait rien de moins qu’une amende de 17 000 euros et 6 mois de prison pour ceux qui s’opposeraient à cette installation. Les mobilisations citoyennes ont conduit le Sénat hollandais à refuser d’adopter le projet de loi en avril dernier. « En France, la fédération CGT discute avec les collectivités de l’arrivée du compteur, explique Guy Habai. Et avec la libéralisation totale des prix de l’énergie à partir du 1er juillet 2010, les maires et les élus de la région ont tendance à être sur la réserve. »

Le problème d’atteinte à la vie privé ne se pose même pas à Bruxelles, et, alors que la lutte contre le réchauffement climatique est ostensiblement utilisé pour la mise en place de cette mesure, nous continuons a utiliser des source d’énergie toujours aussi polluante. La solution pourtant existe, elle s’appelle Cannabis Sativa, mais il faudrait pour cela que la population remettent en question toute la propagande mis en œuvre depuis 8 décennies.

A quand donc un espion dans votre placard?

 

Sources: Bastamag, OFDT

BBC, TOTT, (en Anglais)





Une nouvelle recherche étudie les pertes de memoire chez les fumeurs de cannabis

7 10 2010

Fumer du cannabis a longtemps été associée à une pauvre mémoire à court terme, mais une étude suggère maintenant que la souche de cannabis fait toute la différence. Publié dans le British Journal of Psychiatry (Journal Britannique de Psychiatrie)  cette recherche s’est penchée sur les effets cognitifs selon les concentration des differents composant actif du cannabis.

Un échantillon de 134 consommateurs volontaires a été donné un questionnaire de facultés cognitives a remplir soit a jeun, soit sous l’effet du cannabis. Les utilisateurs consommaient différente variétés, qui ont ensuite été analysés afin de permettre un étalonnage de la concentration des principes actifs, les cannabinoïdes.

Dans un test de compétences de mémoire à court terme, seuls les utilisateurs de souches «skunk-type» ont présenté des facultés affaiblies de rappel en cas d’ivresse, tandis que les personnes qui ont fumé du haschisch ou du cannabis produit localement réalisent aussi bien les tests de mémoire qu’ils soient sous les effets ou sobre.

Les résultats suggèrent qu’un ingrédient plus abondant dans certains types de marijuana que dans d’autres peut aider à réduire la perte de mémoire dont certains utilisateurs souffrent. Lire la suite »








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