La solution face a la crise: Legaliser les drogues.

1 06 2010

C’est la proposition faite au gouvernement Hollandais qui étudie en ce moment tous les moyens potentiellement viable pour réduire leur budget en cette période de crise.

Le texte est écrit par F. Bolkestein, ancien commissaire européen et ex-leader du Parti VVD (conservateurs), parti qui d’ailleurs s’oppose a toute réforme sur les stupéfiants.

« Les mesures d’austérité pour réduire les dépenses publiques sont un sujet brûlant partout en Europe. Aux Pays-Bas, où un nouveau Parlement sera élu le mois prochain, plusieurs propositions visant à réduire les dépenses de 30 milliards d’euros ont été posé sur la table. Toutes ces propositions frapper là où ça fait mal, mais une solution pourrait être effectivement un soulagement bienvenu: la régulation des stupéfiants. Par «régulation», on entend: permettre la production et la vente de stupéfiants dans des conditions strictes destinées à minimiser l’utilisation, tout en la rendant la plus sécuritaire possible.

La régulation, cependant, reste un sujet extrêmement tabou, même aux Pays-Bas. Et en dépit de l’engagement du cabinet néerlandais qu’aucun sujet ne serait tabou dans son examen des mesures d’austérité potentiel, un comité gouvernemental chargé d’étudier les économies possibles dans le domaine de la sécurité ont à peine osé aborder le sujet. Il a seulement examiné plus avant la réglementation des drogues moins nocives, la marijuana et le haschich, ce qui pourrait – selon certaines estimations – sauver € 183 millions aujourd’hui affectée à l’application des lois et d’autres efforts du gouvernement, et de générer 260 millions en taxes. Le comité ne dit rien des autres drogues.

Les drogues récréatives ont été déclarées illégales depuis les 40 dernières années aux Pays-Bas. Mais elles sont utilisés plus fréquemment que jamais, et il n’existe aucune indication suggérant que cette interdiction est efficace. Il est absolument certain, cependant, que cette interdiction est à l’origine d’importants dégâts, dont l’ampleur n’a guère été remarqué par  le public. Au moins la moitié de tous les crimes dans ce pays est causée par des drogues, soit directement, soit indirectement.

Des données récentes du ministère de la Justice néerlandais montre que 27 à 33% de toutes les années passées en incarcération sont le résultat de violations de la loi interdisant les drogues à usage récréatif. En 2006, les trois quarts des plus de 300 enquêtes sur la criminalité organisée étaient axée sur la production ou le commerce de drogues.

Ces statistiques sont limitées à des violations directes des lois néerlandaises sur les drogues et se rapportent aux revendeurs et trafiquants de drogue, les délinquants récidivistes, la culture de cannabis dans des maisons et des hangars, les passeurs, des laboratoires d’ecstasy, d’exportation et d’importation. Les crimes indirects viendront s’ajouter à ce qui suit: chantage, menaces, corruption, blanchiment d’argent, et l’altération subséquente des industries légitimes comme l’immobilier, les violentes ripostes entre les gangs de la drogue, l’utilisation d’argent de la drogue pour financer le commerce illégal des armes. Et nous allons même pas commencer à parler des conséquences internationales, qui comprennent la perturbation de pays entiers.

Ces faits, jamais entendu dans les deux sens du terme, sont absents dans le débat sur la drogue, comme ils le sont, de façon toute autant surprenante, dans le débat sur la sécurité. Tout le monde qui s’inquiètent de la sécurité ferait bien d’envisager une alternative à l’interdiction actuelle sur les substances récréatives. Étonnamment, pourtant, les combattants du crime les plus avides sont les plus fervent partisans de la prohibition. Ne peuvent-ils pas voir qu’ils sont un soutien essentiel aux barons de la drogue?

Les choses pourraient-elles être mieux? Certes, et c’est un fait avéré. L’expérience Néerlandaise de 30 ans de vendre de la marijuana dans les coffee shops est dite unique. La réglementation de ce stupéfiant n’a pas conduire à une utilisation accrue de la marijuana ou d’autres drogues. L’utilisation et la dépendance à tous les types de drogues à usage récréatif dans les Pays-Bas se trouvent à proximité ou au-dessous de la moyenne européenne, et bien en deçà des niveaux communs dans des pays répressifs comme la France, l’Angleterre ou les États-Unis. Les cafés ont également veillé à ce que des centaines de milliers de consommateurs de cannabis n’ont jamais acquis un casier judiciaire, ou vu leur permis de conduire révoqué, comme il est de pratique courante ailleurs.

Cela prouve que l’interdiction est inutile. Nous pouvons le faire sans cette mesure inhabituelle mise en place pour protéger les citoyens contre eux-mêmes – ce qui est une anomalie dans le droit pénal. La régulation est efficace.

Les crimes liés aux drogues peuvent être évités. Les problèmes causés par la réglementation font pâle figure en comparaison avec les avantages que cette percée incroyable offrirait. Prenez les cafés, par exemple, qui ont causé des problèmes dans les zones frontalières néerlandaises. La ville de Venlo a effectivement résolu ces problèmes en déplaçant certains cafés dans la périphérie de la ville, à proximité de la frontière allemande.

Pour retirer les cafés de la sphère pénale totalement, la culture de la marijuana se doit d’être réglementé. Les communes néerlandaises attendent cette décision avec impatience. Le parlement néerlandais a déjà accepté deux fois une motion en ce sens. En ce qui concerne les autres stupéfiants ; sont concernés des projets de règlementation pilotes doivent être mis en place, avec précaution, mais résolument, pour la cocaïne, l’ectasy, les amphétamines et l’héroïne en particulier. Les propositions pour ces mesures ont déjà été rédigés.

Les traités internationaux sur les drogues sont-ils un obstacle? Non. Légalement on peut dire qu’elles permettent la régulation. Mais la solution la plus simple serait d’introduire une réglementation en choisissant simplement de ne pas poursuivre les contrevenants qui répondent à certains critères précis. Notre pays a toujours réservé ce droit.

Qu’en est-il de l’opposition étrangère? Si les projets pilotes ont été limitées aux citoyens néerlandais, la résistance européenne ne seraient pas insurmontables. D’habiles manœuvres diplomatiques pourraient même éveiller l’intérêt des autres pays. Après tout, le problème est le même ici comme ailleurs. Le président américain Barack Obama a déclaré qu’il forgera une nouvelle politique des drogues basée sur le pragmatisme plutôt que des raisons idéologiques. Le climat politique international semble anormalement favorables.

Dès que le marché de la drogue domestique aura été réglementé, les gangs de la drogue ne seront plus en mesure de faire un sou. La mise en application de la loi coutera beaucoup moins d’efforts. La Société deviendra sensiblement plus sûr et bénéficiera d’une réduction importante des coûts. Selon les données recueillies par un organisme de recherche du gouvernement néerlandais, le coût total de la criminalité a atteint  jusqu’à 31,5 milliards d’euros en 2006 seulement. Les crimes liés a cette prohibition coute au moins la moitié de ce montant, soit  € 15,75 milliards. Ce qui revient à 924 euros par citoyen néerlandais par an. Le Professeur Henk Rigter, qui enseigne à l’Université Erasmus de Rotterdam, a estimé que l’application de la prohibition des drogues à usage récréatif représentaient un coût d’environ 1,6 milliards d’euros en 2003. Les coûts indirects de l’application doivent encore être pris en compte dans ce nombre. En outre, si les lois sont révisées, les stupéfiants pourraient être taxés. la réglementation des drogues offre une formidable opportunité pour la réduction des coûts. »

La santé publique serait également mieux servi. En mettant un frein vers le marché illégal, les jeunes en particulier seraient mieux protégés. La qualité des drogues serait garantie, livrés avec des brochures d’information et des campagnes de sensibilisation du public deviendrait plus crédible.

Les drogues ne disparaîtront pas simplement parce qu’elles sont illégales. Elles seront toujours là. Une minorité d’utilisateurs auront des ennuis. Les stupéfiants sont beaucoup moins dangereux, cependant, que l’alcool et le tabac. Notre pays (la Hollande NDLR) voit au sein de sa population  13 fois plus d’alcooliques que de toxicomanes, et l’alcool coûte la vie à 15 fois plus de gens que les drogues elles-mêmes. Le tabac quant a lui coûte 333 fois plus de vies humaines. Parce que les stupéfiants peuvent être dangereux pour la santé des individus, la réglementation restera nécessaire. Les crimes liés aux drogues, quant a eux, c’est quelque chose dont nous pouvons nous passer.

Les supporters de cette proclamation comprennent, entre autres, l’ancien commissaire européen Frits Bolkestein, l’ancien ministre de la Santé publique Els Borst-Eilers et Theo de Roos, professeur de droit pénal à l’Université de Tilburg.

Source:NRC


Actions

Information

3 responses

3 06 2010
Faut-il legaliser le cannabis? « Cannabis, Marijuana et plus!

[…] La mesure permettrait, selon ses initiateurs, non seulement de rapporter près de 1,4 milliard de dollars par an, mais aussi de soulager les forces de police et de décongestionner les établissements pénitentiaires. Autant dire une révolution. Aucun autre État américain et aucun pays au monde n’a légalisé ni taxé la vente de cannabis, les conventions de l’ONU imposant sa prohibition. […]

5 07 2010
IL FAUT CHANGER TOUTE LA POLITIQUE DE LA DROGUE « Cannabis, Marijuana et plus!

[…] On ne criminalise pas le tabac, on le réglemente. L’alcool est bien réglementé, en Suisse: il y a la Régie des alcools, on ne peut pas servir d’alcool aux mineurs, il y a des règles. Pour le tabac également, vous ne pouvez pas produire des cigarettes comme vous voulez, vous devez vous annoncer, payer un impôt particulier. Je pense que, pour des drogues comme le cannabis, la cocaïne ou l’héroïne, on pourrait aussi réglementer les choses. L’objectif, ce serait que la plus-value n’aille plus dans la poche des mafias, mais, déjà, dans la caisse de l’Etat. […]

7 07 2010
Cannabis: Le débat s’impose « Cannabis, Marijuana et plus!

[…] les faits, il est impossible de débattre, parce que le cannabis est un tabou. Yann Bisiou, dans un article (un peu ancien, il faut le reconnaître, mais toujours […]

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s




%d blogueurs aiment cette page :