Odorat sous l’influence du cannabis

6 04 2010

Des chercheurs de Göttingen viennent de mettre en évidence [étude réalisée en 2007], pour la première fois, l’effet des cannabinoïdes sur les cellules sensorielles de la muqueuse olfactive. Ils ont montré que les cellules neuro-sensorielles réagissent plus lentement, plus faiblement, voire pas du tout à une molécule odorante, lorsqu’elles ont été préalablement exposées à un antagoniste du cannabis (molécule qui se fixe sur le récepteur cannabinoïde et empêche l’action du neurotransmetteur). Leur conclusion : les substances biologiques, comme le cannabis, augmentent la sensibilité du système olfactif.

Depuis la fin des années 80, on sait que le corps humain produit lui-même des analogues du cannabis : les endocannabinoïdes. Ces molécules jouent un rôle dans le traitement des signaux au niveau cérébral. Il a été également montré que la consommation régulière de cannabis peut conduire à des dommages cognitifs à long terme comme la perte de concentration et de motivation. [Dommages reversibles avec l’arret d’utilisation, ndlr]

Pour cette étude les chercheurs se sont basés sur des têtards de Xenopus laevis, une espèce généralement utilisée comme modèle pour les études de l’odorat, chez qui ils ont stimulé les cellules sensorielles avec des molécules olfactives tout en faisant varier la concentration de cannabinoïdes. Selon la présence ou l’absence de cannabinoïdes, les signaux électriques et chimiques émis par les cellules neuro-sensorielles sont sujets à de fortes variations. Le Prof. Dr. Dr. Detlev Schild, directeur de l’étude, conclut ainsi : « Pour la première fois, nous avons prouvé que les cannabinoïdes ne modifient pas seulement les signaux au niveau cérébral mais qu’ils influencent aussi les signaux avant transmission au cerveau ».

D’anciennes études réalisées sur des animaux avaient déjà montré que des taux accrus d’endocannabinoïdes étaient mesurés au niveau cérébral en cas de faim. Puisqu’on sait que l’on perçoit plus fortement les odeurs lorsque l’on est affamé, il existe un lien entre la quantité de cannabinoïdes endogènes et la sensibilité de l’odorat. Plus les cannabinoïdes agissent, plus la sensibilité olfactive est grande, ce qui permettrait d’expliquer qu’une consommation importante de cannabis puisse provoquer des hallucinations olfactives.

– Prof. Dr. Dr. Detlev Schild – Universitätsmedizin Göttingen, Georg-August-Universität, Abteilung Neurophysiologie und zelluläre Biophysik, Humboldtallee 23, D37073 Göttingen – tél : +49 551 39 8331 – email : dschild@gwdg.de
– Dr. Dirk Czesnik – email : czesni@gwdg.de
– Dr. Ivan Manzini – email : imanzin@gwdg.de
– D. Czesnik, D. Schild, J. Kuduz, and I. Manzini : »Cannabinoid action in the olfactory epithelium », PNAS, 2007, 104(8), 2967-2972

Dépêche idw, communiqué de presse du Centre DFG de Recherche en Physiologie Moléculaire Cérébrale – 22/02/2007


Actions

Information

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s




%d blogueurs aiment cette page :